Novembre, ça ne pardonne pas. Fidèle à ma nature de grande frileuse, j’ai chopé, on ne sait pas trop comment, une rhinopharyngite doublée d’un début d’otite. Bon, bah comme ça, j’ai l’air maligne. Du coup, « 2-3 jours de congés » selon le toubib, qui a en plus eu l’honneur de devenir mon médecin traitant même qu’il avait l’air de s’en ficher comme d’une guigne. Moi je suis contente, je vais enfin être remboursée correctement.
En attendant deux épisodes de « Desperate Housewives » sur le grill, et éparpillée dans la visite de dizaines de blogs pour le moins arty, j’imagine de plus en plus à quoi va ressembler cet endroit – à mi-chemin entre carnet secret, album photo et boudoir empli d’odeurs de thé et d’encens. J’aimerais, pour une fois, oser être moi-même – ce qui n’est pas si évident quand on a pris l’habitude de se dissimuler à l’amiable derrière un hautain (?) personnage. Et si on enlève le trois fois moi à travers le fameux « k »…
Les jours passent à une vitesse terrifiante, et j’ai l’impression de stagner grave dans mes projets. Les études, ça oui, ça avance, et drôlement, vu le taff qu’il va falloir abattre jusqu’au 8 décembre, date magique à laquelle je m’envole pour sept semaines de vacances. Oui, oui, vous avez bien lu. Enfin, de semi-vacances, faut quand même pas déconner. Mais quand même. Je me sens encroûtée dans tout un tas de doutes assez « marie-esques » finalement, sur ma légitimité en tant » » » qu’artiste » » » (le gros mot est lâché), sur ma légitimité tout court. T’es pas la moitié d’un con, comme dirait mon Papy. Va savoir. N’empêche que je m’interroge beaucoup sur ça, sur l’éthique, sur les éléments objectifs, s’il y en a, qui font de quelqu’un un(e) artiste à part entière. La régularité de création? Les expositions? Les critiques? La visibilité, la communication? Les mécènes?
Internet est tentant en ce sens que tout un chacun, pour peu qu’il ait quelques idées et quelques connaissances techniques en matière de création de site web (quoique), peut se créer une identité » » » d’artiste » » » et se la jouer à mort. Comme si quelqu’un en avait quelque chose à foutre de ses états d’âme à la con. Comme si on n’avait que ça à faire de lire son blog, de visiter sa galerie, pis, de lui donner notre avis sur ses croûtes.
Je sais bien que ma quête, sinon artistique, au moins idéologique, a peu de chance d’aboutir un jour, et qu’en tout état de cause, je m’adresserai toujours à un public très restreint. Parce que le bizarre, l’anti-norme(s), l’introspection, bof, ça ne ramène pas des masses de fric, et ça oblige à utiliser ses neurones, ce qu’on dit ne plus avoir le temps de faire.
Ma tête menace d’exploser à tout moment, je suis d’ailleurs surprise qu’elle ait survécu à deux journées consécutives dhyper bourrage intellectuel et de production picturale à la chaîne. Même si je suis contrariée de ne pas savoir où acheter un billet pour aller voir NIN à Paris en février, je suis quand même contente de savoir que demain matin je pourrai rester au chaud autant que je voudrai. Histoire de me remettre d’aplomn et d’écrire des trucs moins blablatisants.
Et pour finir, je partage mon plus récent émerveillement:
Note: j’aime particulièrement découvrir des travaux d’artistes de ce genre par mes propres moyens, même s’ils sont très connus par ailleurs. J’apprécie beaucoup le hasard, il me fait mieux retenir les noms, les images, les univers. (Je n’aime pas qu’on me force la main d’une manière générale.)







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