
Cela fait un certain temps que je n’ai pas pris le temps de perdre mon temps à tenter de poser par écrit ces pulsations. Me revoilà à désirer noircir le papier virtuel de mes pensées, si promptes à m’accompagner lorsque je mets le pied dehors, si fuyantes lorsqu’il s’agit d’être immortalisées. L’inhibition lettrée et moi: pas aussi simple qu’il n’y paraît.
Lâchée dans la nuit en plein Paris, le regard perdu dans l’asphalte refroidi, il me semble que mon coeur bat plus fort à mesure que la poupée-pianiste bat le rythme de sa vie.
M’agrippant à la barre de métal graisseuse du métro, observant quelqu’un m’observant dans le reflet, j’imagine te trouver là et t’ignorer. Nous aurions pu vivre mille ans ensemble, chevaucher maints chemins et ensevelir bien des sels marins sous les plages grises de ton dédain. Seulement, pas dans cette vie-là. Pas dans cette vie-là.
Agrippée à mon piano imaginaire comme à une bouée, je laisse le soir m’envelopper dans son voile café salé. Mais je m’égare, égarée dans une gare un lundi matin fatigué.
Au Théâtre de l’Odéon, elle fut happée, applaudie, admirée, tandis que je plongeais dans un verre d’eau glacée. Nos empruntes sur le velours, ma poche à pulsations, huit dans l’ascenseur… La convocation un peu rapide, un peu maladroite, de souvenirs tout neufs à la table des invités.
Parfois, tu m’apparais en rêve. Plus humain que jamais.






Gillou
10.10.08
Merci…
Marie
10.10.08
Merci de?
Malice
10.10.08
Evocation dont je perçois un personnage, un moment de vie, partagés un lundi d’octobre.
Mais qui est donc celui que je n’ai pas rencontré, car il est dans cette autre vie de piano noir et de velours?
Marie
10.10.08
@Malice: c’est un peu de moi, un peu de toi, un peu d’un Autre…
Gilles Arnaud
14.10.08
Est-il étrange de demander pourquoi on nous remercie ?
Cette question se justifie peut-être pour des gestes anodins, ou des attentions que l’on porte avec une spontanéité non feinte ? Dans cette dernière situation le « Merci de ? » va entraîner un sourire et/ou un regard plein de reconnaissance. La tendresse est à fleur de peau et se manifeste au-delà de nos intentions conscientes. Mais bien rapidement on comprend que l’on a touché, et que ce remerciement va renforcer le lien invisible qui enveloppe deux êtres.
L’écriture est-elle un acte créatif anodin ?
Je ne crois pas. On pose des mots sur une feuille électronique. On crée du sens en vue de l’offrir à celle ou celui qui prendra le temps. Certains écrivent par un pur élan de l’égo. Il s’agit de se montrer, de se faire remarquer du plus grand nombre.
Kreestal est-elle animée par un égoïsme ouvert sur les réseaux du Net ?
Je ne crois pas. Suis-je naïf ? Encore une question sans réponse ? J’aime me laisser entraîner par des personnalités qui construisent leur univers parce que c’est une nécessité intérieure. Je pense donc, en toute candeur, que Kreestal transmet par ses essais d’écriture (on ne fait jamais qu’essayer d’écrire) une partie d’elle-même, peut-être fantasmée, ou peut-être seulement imaginée, mais une partie d’elle-même sans aucun doute.
Donc, merci… pour ces bouts de toi livrés à ma sensibilité, et à celles de ceux qui te liront.
Gillou
Marie
14.10.08
Ah bah je suis gênée maintenant!…
Tu sais tu peux me tutoyer… X-D
Trève de plaisanterie. A propos de la transmission d’une partie de soi: n’est-ce pas là une des caractéristiques de la création artistique?
Quoiqu’il en soit, mes textes maladroits sont davantage des albums photo – Polaroïds poétiques de l’instant présent -, ou des souvenirs capturés dans des bouteilles virtuelles, que des manifestations d’un « égoïsme ouvert sur les réseaux du Net« … Tu aurais dit « égocentrisme », le débat aurait été différent! ^^
Gilles Arnaud
14.10.08
Tu es formidable Marie, voilà tout.
Gillou
Marie
15.10.08
ça j’en sais rien!… Y’a toujours un décalage entre soi et le reflet de soi, notamment sur Internet. Prudence donc.