Back to Black

Plus d’un mois sans écrire, ni ici ni ailleurs, et quand je dis écrire je veux dire écrire. Mais bon, à vrai dire je ne m’en porte pas plus mal. Je dirais même que cela m’est un peu égal, car j’ai rapidement compensé par autre chose. Et quand je dis autre chose je veux dire [...]

I can't draw

Plus d’un mois sans écrire, ni ici ni ailleurs, et quand je dis écrire je veux dire écrire. Mais bon, à vrai dire je ne m’en porte pas plus mal. Je dirais même que cela m’est un peu égal, car j’ai rapidement compensé par autre chose. Et quand je dis autre chose je veux dire La Lune Mauve. Hé ouais, je suis comme ça, moi: quand tout le monde s’est enfin désintéressé d’un projet, j’y remets un coup. Et ça me fait un bien fou de renouer avec un univers qui, s’il ne m’a jamais vraiment quittée, était enfoui très profond. Autant dire que la barre est placée très, très haut.

Ce qu’il faut savoir, c’est que peu de cours se passent sans que je dégaine un de mes petits cahiers d’écolière inattentive. Ce qui, naturellement, éveille la curiosité. Si au début, fidèle à ma paranoïa instinctive, j’avais tendance à tout cacher de ma main gauche, le regard soupçonneux, le sourcil rebelle, j’ai depuis lâché la bride et demande même autour de moi ce qu’on pense de mes croquis d’interfaces. Les réactions viennent d’un panel qui a priori n’a pas grand chose à voir avec la cible lunemauvienne, et c’est tant mieux. Sortir de sa zone de confort fait souvent beaucoup de bien (Hi Bob!).

Je lis dans Libé:

Geörgette Power tient depuis l’adolescence des tombereaux de carnets, occupation répandue chez les étudiants plasticiens désireux, comme il le dit, « d’accoucher de (s)oi-même« .

Sauf que moi je suis étudiante tout court, mais ça n’empêche pas que je reconnais mon reflet dans cette phrase-là.

Car accoucher de soi-même, à 25 ans, c’est bien de ça dont il s’agit. Trop grand pour se laisser dire ce qu’on doit faire, trop immature pour avoir réellement confiance en soi, il s’agit de trouver sa voie, en n’étant pas trop idéaliste mais sans abandonner ses rêves pour autant.

Si on m’avait dit, à 17 ans, quand je passais mes week-ends à bidouiller mes premières pages perso, que je finirais par bosser dans une agence parisienne, je crois que je n’aurais même pas su de quoi on me parlait. Finalement, chef de projet web, je ne suis pas sûre que cela corresponde à la vie que je me vois mener…

Le problème, c’est que comme je suis une autodidacte qui a fait pleins de trucs différents, il me manque quelques bases pour devenir infographiste ou web designer tout court. Ces quelques bases s’appellent Flash. Mais qu’à cela ne tienne, puisque je suis trop autoritaire pour n’être qu’exécutante. Alors, on me confie de la stratégie, et je me dis que c’est peut-être davantage mon truc.

Sauf que. J’adore créer des sites web. Je dirais même que concevoir des interfaces, réfléchir aux fonctionnalités d’un site, à son ergonomie, à son design, sont des choses que je voudrais bien faire toute la journée si j’en avais la possibilité. Il me faudrait donc une sorte de boulot bâtard, à mi-chemin entre la création, le développement et l’ergonomie. Comme d’habitude, je ne rentre dans aucune case. On me dit que ce n’est pas en agence que je trouverai mon bonheur, et que je ferai bien de commencer à songer, même de loin, à éventuellement, un jour, monter ma propre boîte. Mouais. En tout cas c’est pas demain la veille.

Bref. Pour être tout à fait honnête, j’ai cessé progressivement d’écrire ici et là sur le web pour deux bonnes raisons: la première, faute de temps libre, mais cette excuse, tout le monde la connaît. La seconde, c’est l’expérience de la disparition – dans tous les sens du terme. Restons dans le domaine virtuel: bien qu’avoir suicidé La Lune Mauve il y a deux ans et demi ne m’ait pas forcément servi à grand chose sur le moment, cela m’a au moins fait prendre conscience de mon besoin d’un support créatif aussi malléable que le web pour m’exprimer. Depuis deux ans et demi, j’ai changé, bien sûr, mais pas seulement à cause des choses de la vie. J’ai changé parce que je n’ai plus cette sorte d’extension virtuelle de mon imagination, que je pouvais convoquer à tout moment, retaper, fignoler, partager. Peut-être ai-je eu la sensation de ne plus être qui que ce soit – bien que je n’aie jamais été qui que ce soit -, de ne plus avoir de véritable utilité. Je me suis sentie amputée d’une partie de ma vie, de cette présence en ligne, précisément.

Finalement, tout bazarder a peut-être été une bonne chose. J’étais fatiguée des faux-semblants et de mon amateurisme. Je voulais – et aujourd’hui plus que jamais – créer quelque chose d’unique, de très personnel. Donner à ma vision du monde idéal des vêtements neufs. Pas que je sois moins amateure aujourd’hui; mais j’ai la sensation, certes très subjective, que je suis plus à même de mettre en image ce qui se passe dans ma tête.

Et puis, vous savez comment sont les gens: si vous parlez trop de vos projets sans amener la preuve concrète que ceux-ci avancent, ils les traitent d’Arlésienne. Sans compter les piqueurs d’idées, qui rôdent toujours (un peu moins créatifs ces temps-ci, n’est-ce pas?).

Bref, bref. Encore beaucoup de blabla pour pas grand chose. J’évite aussi cet endroit à cause de la lenteur de mon installation WordPress. Peut-être que deux installations WordPress sur une seule petite base de données n’était pas une très bonne idée. Mais bon c’est transitoire, ça aussi. Je doute que cela gêne qui que ce soit à part moi de toute façon.

A part ça, go, go, go Marion Cotillard. Et allez voir « Into The Wild »! Ce film peut changer votre vie.

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2 commentaires

  1. Gaëlle

    Tu as pensé à travailler dans la pub? Tu pourrais concevoir des sites au niveau artistique dans les grandes lignes, et t’occuper aussi de tous les petits détails techniques pour parfaire l’ergonomie du tout, tout en ayant des personnes spécialisées pour s’occuper de la photographie, de la programmation, etc… Je pense que beaucoup de boîtes de pub seraient contentes de t’avoir.

  2. @Gaëlle: Bonsoir et merci pour tes encouragements. :) Pour l’instant je restreins mon champ de recherches aux agences web, car le côté print/vidéo m’est moins familier. En fait le métier que tu décris est celui de directeur artistique, vers lequel j’aimerais effectivement m’orienter après mon stage, pour me rapprocher plus de la créa. Mais comme une expérience de chef de projet est nécessaire quand on veut bosser en agence, je ne perds pas mon temps du tout, au contraire!

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