Bien que ma décision soit prise depuis un bout de temps, je tiens à vous expliquer pourquoi je vais fermer Bloody Marie.
Même si je n’ai jamais eu de véritable ligne éditoriale, au bout de deux ans et demi de blogging, on peut dire que j’ai principalement blogué sur les sujets suivants :
- musique, ciné, livres et art ;
- mes créas (infographie, photo, dessins, textes) ;
- Tori Amos.
Blog, webzine, portfolio, fansite = saturation
J’ai créé ce blog à l’automne 2006, submergée par un vif besoin de m’exprimer, alors que mes autres sites (mon webzine et mon portfolio) étaient fermés, le premier ayant été volontairement détruit, le second involontairement hacké.
Début 2009, j’ai finalement trouvé le temps suffisant pour terminer la refonte de La Lune Mauve (qui m’a quand même pris 5 ans), et je m’apprête à remettre Aenemya en ligne après deux ans de hiatus. J’ai aussi un nouveau projet de site, consacré à Tori Amos, bien qu’à l’heure actuelle je ne sache pas encore quand ni comment je vais pouvoir m’en occuper (…).
Ces trois sites me permettent donc désormais de parler de:
- musique, ciné, livres et art ;
- mes créas (infographie, photo, dessins, textes) ;
- Tori Amos.
Ainsi, continuer à tenir ce blog-ci n’est plus pertinent. Gérer un site web est une activité chronophage – et les choses empirent dès qu’on en a plusieurs. (Et je ne parle même pas de Twitter et compagnie.) Je trouve qu’il n’y a rien de pire qu’un site à l’abandon – à plus forte raison un blog! Le problème du temps se pose de manière très sérieuse. Actuellement, j’ai à peine le temps de m’occuper de La Lune Mauve, mon site préféré, alors que je n’ai pas encore commencé mon activité professionnelle: il est donc évident que je n’aurai de toute façon plus le temps de m’occuper d’un blog.
Quand bien même il me resterait du temps en dehors de mon boulot et de mes activités lunemauviennes, je préfère de toute façon le consacrer à la création pure (infographie, photographie, dessin, écriture…), plutôt qu’écrire des billets 1/ qui seront lus d’une traite et aussitôt oubliés, 2/ dont je doute qu’ils apportent réellement quelque chose de neuf et/ou de différent dans le paysage bloguesque français, et 3/ qui seront périmés quelques heures seulement après avoir été publiés. L’éphémère est intéressant, oui, mais j’ai envie de bâtir quelque chose d’un peu plus solide que ça, d’un point de vue créatif.
A force d’être au four et au moulin, je m’étiole. Je n’ai jamais été du genre à faire les choses à moitié, aussi j’ai décidé de « sacrifier » Bloody Marie, pour pouvoir me consacrer à mes autres activités.
Les raisons profondes
Pour être honnête, ces derniers mois ont vu ma passion bloody-mariesque décliner à une vitesse surprenante. J’ai réalisé que je n’avais pas envie de jouer le jeu de « la geekette » (sic), de « la blogueuse de niche », de la « super cop’s », ni de « la fashionista », ne me reconnaissant dans aucun de ces stéréotypes en vogue, et ayant envie, non pas de séparer quotidien et imaginaire comme c’est souvent le cas sur d’autres blogs, qui traitent soit de l’un soit de l’autre, mais bien de les mélanger. Mélanger vie réelle et vie rêvée est, globalement, ce que j’essaie de faire, artistiquement.
Peut-être que je suis quelqu’un qui a besoin d’expérimenter pleins de choses avant de trouver sa propre voie. Une de ces choses ayant été ce blog.
Quand je fais le bilan de Bloody Marie, il y a bien sûr de bons côtés et de bonnes surprises, de chouettes rencontres et projets un peu fous, ainsi que d’intenses souvenirs. Mais il y a aussi un certain nombre de regrets liés aux effets secondaires inhérents à l’activité de blogueur. En deux ans et demi, je me suis étendue, certes de manière cryptée, sur mes émotions. Mes proches ont quelques-unes des clefs qui permettent de comprendre certaines de ces tranches de vie: ils ont ainsi, parfois, décelé plus de choses que je ne leur avais dites. Où le virtuel s’est effectivement mélangé au réel, et pas toujours d’une manière qui m’agréait…
Or, je ne veux plus que mon activité en ligne en révèle trop sur ma vie et mes choix. De ce même exhibitionnisme émotionnel, j’ai eu besoin, et je l’assume. J’assume tout ce que j’ai publié, tout comme j’assume le fait de reprendre ce que j’ai pu partager, par la plume, aux yeux de « la grande masse anonyme ». Toute cette construction sémiotique n’est pas moi ; ou plutôt, ce n’est qu’un aspect de moi, et cela me semble une furieuse banalité de le dire. Pourtant, certains se sont aveuglément fiés à ce que j’ai pu écrire, parfois, pour en tirer de fausses conclusions, me pister, voire, dans le pire des cas, me fliquer. Progressivement, le plaisir que je prenais à donner à voir ce qu’il y avait à voir s’est mué en un puissant inconfort. En bon électron libre que je suis, je ne veux ni ne peux plus assumer l’obligation d’écrire, et même de créer, et plus globalement de DIRE, de DECRIRE, d’EXPLIQUER. Il est temps pour moi de passer moins de temps derrière mon écran et de cultiver mon jardin.
La leçon que je retiens : c’est certain, on n’est jamais planqué sur Internet. On finit toujours par être retrouvé – en premier lieu, et d’une manière étonnamment rapide…, par les personnes auxquelles, justement, vous voudriez échapper.
Je n’ai cependant aucun regret: j’ai fait ce que j’avais à faire et je me suis bien amusée! Créer des images, mâter des navigateurs et assembler des mots font partie de mon quotidien, c’est ce que j’aime faire, plus que tout, et je n’ai aucune intention de m’arrêter. C’est simplement que cela se passera ailleurs et autrement, voilà tout.
Ça s’arrête mais ça continue
Bloody Marie finit donc là sa (jolie) course. J’ai aimé ce blog, j’ai aimé y écrire et par-dessus tout j’ai aimé lire vos réactions, chers lecteurs. Un grand merci à vous d’avoir suivi mes aventures poético-passionnées, en particulier à celles et à ceux qui ont vraiment partagé un morceau de leurs pensées avec moi. Cela m’a profondément touchée.
L’aventure ne s’arrête toutefois pas là pour kreestal.fr. Suite à mon sondage, il semble que vous êtes nombreux à kiffer – oui, oui, kiffer – ce nom de domaine. Alors je vais le garder, et y installer une mono-page à la Netvibes, qui agrégera mes différents flux RSS: ainsi, vous pourrez continuer à suivre mes aventures au départ d’ici même, si le cœur vous en dit.
Je continuerai aussi à bloguer, oui – mais en anglais (il pourra m’arriver d’écrire en français, ceci dit), de façon plus rare et moins exhibitionniste. Cela aura lieu sur Aenemya, dès la réouverture du site (d’ici une semaine MAXI). Il y sera question d’infographie, de photo/lomo, de dessin, de gear porn, de making-of, et d’inspiration. Où je prends le pari de tenir une ligne éditoriale, pour une fois, et où je vais en profiter pour essayer d’améliorer mon anglais!
Quant à mes petits poèmes en prose, ils ne disparaîtront pas complètement: je prévois de continuer à les écrire et à les publier dans un endroit secret, qui sera protégé par mot de passe, mot de passe donné à un petit nombre de personnes triées sur le volet. En attendant, ils seront inaccessibles. Je planche par ailleurs sur un petit livre auto-édité qui les réunirait tous, avec quelques illustrations. A suivre, donc.
Le mot de la fin
Encore une fois, merci de m’avoir lue, aujourd’hui et toutes les autres fois. J’espère que vous me suivrez dans le chapitre qui s’annonce!
« L’affaire est de se libérer soi-même : trouver ses vraies dimensions, ne pas se laisser gêner. » – Virginia Woolf
Bien à vous,
Marie






germaine caillou
22.04.09
Comme tu le dis, c’est n’est qu’un au revoir :)
(et je prendrai plaisir à te suivre ailleurs, comme je le fais déjà).
Bon vent!
-_=
Nimwendil
22.04.09
Je te ne lis ici que depuis peu, j’aurais donc pu regretter que ça s’arrête si vite… Mais quand je lis ce billet, avec tous tes sentiments et tes réflexions si bien exprimés, ça paraît tellement naturel ! Tu as l’air tellement en harmonie avec ta décision !
Donc je ne regrette rien du tout, ça me rend au contraire super heureux de voir toute cette détermination et de sentir la motivation que tu mets dans tes autres projets !… que je ne manquerai pas de suivre :)
Et bravo ! Car mine de rien c’est courageux de fermer un si beau blog !
Anne
22.04.09
Je ne comprends que trop bien la sensation d’étouffement qu’on peut avoir, se sentir fliquée, trop exposée. Si cela y va de ton bien être tu as pris la meilleure décision ;) De toute façon moi je te suivrais on the lune mauve et sur Aenemya (que je trépigne d’impatience de pouvoir parcourir! :p) avec plaisir!
Et..hoooo ça va parler Lomo. J’en ai eu deux il y a quelques mois mais je n’ai pas encore fini les pellicules (38poses) alors j’attends le verdict surprise du développement ! Mais j’ai hâte de pouvoir discuter de ça avec toi et voir ce que tu as à dire encore sur le sujet :p c’est une « passion » contagieuse^^
Bonne route à toi et à bientôt!
Pat
22.04.09
Où tu iras j’irais ;) je comprends très bien ta décision, chronophage, ce n’est le moins que l’on puisse dire… et tu as été plus que présente sur tous les fronts, y compris ceux dont tu ne parles sans doute jamais.
Alors bon courage, bravo pour ton travail, ta créativité, et à bientôt sur tes autres espaces :)
ubix
23.04.09
Juste un mot rapide, Moi je kiffe les petits livres auto-édités.
Bises bises’ ;)
Bloui
23.04.09
Au revoir Bloody Marie, bonjour Aenemya ! Ce sera différa mais tout aussi intéressant, j’en suis convaincue. (Déjà les sujets mentionnés mettent l’eau à la bouche…)
Tinuviel
23.04.09
Je te comprend et je dirais même que je le voyais venir vu l’espace de plus en plus grand entre les publications. J’ai eu du plaisir à venir lire tes billets ici, j’en aurai tout autant à passer régulièrement sur Aenemya. Bonne continuation!
Theremina
23.04.09
Je suis curieuse de voir où tes nouveaux projets vont te mener. Je continuerai en tout cas à te suivre : j’aimais bien ton blog, même (parce que) il ne rentrait dans aucune case.
J’ai failli prendre la même décision que toi et fermer mon blog, il y a quelques temps. Et puis, je me suis rendu compte que certes c’était chronophage etc mais que je prenais un grand plaisir, justement à décrire et écrire. Donc…
Le Piaf Fou
24.04.09
Ici ou ailleurs, le principal est de ne pas se mettre de pression inutile, un blog n’est qu’un support comme un autre, même s’il est particulièrement à la mode… A bientôt dans d’autres sphères donc ;)
Et justement, il faudrait que je me penche plus en détail dans les article de la Lune mauve ^^
Deedlot
28.04.09
C’est toujours triste de voir disparaître du paysage un endroit qu’on aimait, mais effectivement il vaut mieux ça que le laisser à l’abandon.
Tes petits billets poétiques et cryptés vont me manquer, puisque c’est ceux qui me plaisaient le plus.
Pour le reste, on se retrouve sur La Lune Mauve, et sur Aenemya aussi alors !
Au revoir Bloody Marie !
Marie
28.04.09
Un grand merci à vous tous pour vos commentaires adorables (et touffus!) ^_^
Je ne peux pas nier qu’arrêter d’écrire ici est un pincement au coeur, mais il est temps pour moi de passer à autre chose.
Il se peut que je laisse tous mes billets en ligne, après tout – j’en fermerai juste les commentaires. Par contre, la page d’accueil du blog changera, ça c’est sûr.
En attendant, n’oubliez pas de visiter mon portfolio, maintenant en ligne! :)
Gillou
9.05.09
ça me rend tristounet cet article…
J’aime pas les « au revoir ».
J’aimais bien Bloody Marie.
A bientôt sur tes nouvelles planètes créatives.
Gillou
Yop!
28.06.09
Bah à bientôt dans un autre espace… hmm probablement sur ce site dédié à Tori Amos ! ;)
Et au plaisir de t’avoir lue, ou plutôt picoré au hasard des notes, dans ton aventure bloguesque.
Et ouais, ça bouffe du temps un blog. Et le temps passe beaucoup trop vite, et il y a tant de choses à faire… autre que bloguer : vivre !