Comment je suis devenue une geekette

L’autre jour, en parlant avec mes parents, je fis la généalogie de cette passion pour les ordinateurs et plus particulièrement pour Internet, alors que personne dans la famille n’est spécialement matheux ou informaticien. Avant que mes parents achètent, à prix d’or, le tout premier PC familial dans les années 90, mon premier contact avec les [...]

L’autre jour, en parlant avec mes parents, je fis la généalogie de cette passion pour les ordinateurs et plus particulièrement pour Internet, alors que personne dans la famille n’est spécialement matheux ou informaticien. Avant que mes parents achètent, à prix d’or, le tout premier PC familial dans les années 90, mon premier contact avec les grosses machines blanches (qui étaient même très grosses à cette époque) remonte au collège. J’étais en sixième. Le déclic s’est produit, semble-t-il, pendant deux ou trois cours de technologie qui consistaient à faire des statistiques sur des ordinateurs style Amstrad (les écrans étaient en noir et blanc…), en rentrant des chiffres dans le bousin afin d’en sortir des diagrammes circulaires, affectueusement appelés « camemberts » par des générations d’élèves. Je trouvais cela absolument merveilleux d’avoir un cours où on n’avait besoin ni de cahier, ni de classeur, ni même d’écrire; pour moi, utiliser un ordinateur avait un aspect ludique qu’aucun autre cours n’avait (même pas dans les cours de sport, dont l’aspect obligatoire et ultra conformiste m’a toujours rebutée: « Toi, la grande perche, tu sautes comme une merde! Fais-moi un double salto piqué tout de suite, c’est pourtant pas difficile!« ). D’ailleurs j’adorais les autres activités liées aux cours de technologie: soudure, dessin technique, découpage de plastique, rivetage de clous, massicotage… Mes profs seraient contents de savoir que ces cours de technologie me servent encore aujourd’hui puisque j’ai du relier une bonne cinquantaine de dossiers divers en six ans d’études.

Du coup, quand mes parents ont fait l’acquisition du premier PC familial (mon père bossait dans l’informatique, ce qui explique qu’on en ait eu un relativement tôt), je devais avoir quelque chose comme 10 ou 11 ans (?), et toute la famille se succèdait sur le fauteuil sacro-saint de devant l’ordinateur pour jouer à Tetris ou à d’autres jeux bien vintage, bien pixellisés, fuschia et cyan, aux scénarios souvent simples mais que nous trouvions palpitants. Tous les sons étaient en MIDI, les CD-ROM n’existaient pas encore, Internet n’était encore qu’un rêve lointain, et on travaillait sur Windows 3.0.

Certains de ces jeux nous ont occupées, ma soeur et moi, pendant des semaines voire des années. Ainsi, nous fûmes longtemps coincées dans « Indiana Jones et le mystère de l’Atlantide » à cause d’un bug; ou encore dans « Kyrandia », car le jeu nous demandait de taper le troisième mot de la sixième ligne de la page 56 du livret que nous n’avions évidemment pas. Je revois encore mon père délaisser le visionnage de la saison 1 de « Fort Boyard » pour résoudre le premier épisode de « Prince of Persia », qu’il fallait finir en soixante minutes chrono en main, ou ma mère qui s’adonnait à des parties de Tetris enflammées le dimanche matin pendant que nous jouions aux Barbies.

Alley Cat Lost Vikings Lemmings

Wolfenstein Moktar: la Zoubida Prehistorik

Quelques années plus tard, je reçus comme merveilleux cadeau d’anniversaire un ordinateur rien qu’à moi, qui tournait sur Windows 98 – le grand luxe! Il était installé directement dans ma chambre, aussi je pus jouer à « Tomb Raider » en toute impunité. En y repensant, je me dis que c’est peut-être ça qui a commencé à me faire lentement mais sûrement repousser l’échéance de mes devoirs toujours un peu plus tard. Genre: « Allez, je joue jusqu’à 18h! Ensuite je bosse. » A 18h30: « Allez, j’ai presque fini le niveau… » A 22h: « Bon, faut que je pense à arrêter. » 23h30: « Ok, allez j’éteins maintenant, faut que je finisse ma dissert’. » C’était d’abord la détente, ensuite le travail: ça n’a pas vraiment changé, au grand dam de mon horloge biologique.

A 17 ans, par un samedi d’après-midi morne, influencée par une certaine relation qui étudiait l’informatique, j’ai ouvert Namo Web Editor et j’ai commencé à faire ma toute première page web, qui ressemblait un peu à ça (je l’ai refaite vite fait de mémoire – difficile d’oublier un truc pareil).

Une semaine après, en plein cours d’anglais, je réalisai d’un air grave que ce premier jet n’était pas ce qu’il me fallait, que les pages manquaient de noir, de mauve et d’étoiles. Je me créai donc un compte sur Multimania et bidouillai, avec leur outil de mise en page en ligne, anti-ergonomique au possible, la première page web vaguement lunemauvienne. En gros, il y avait une grosse photo de lune, teinte en fuchsia saturé à mort dans Picture it 98, sur un fond noir, et du texte en violet foncé, pour une parfaite lisibilité. J’avais pompé quelques photos de cimetière à droite à gauche (j’étais à fond dans ma période « The Crow » et Cradle of Filth, vous comprenez), les avais collées sur une deuxième page, et grâce à ce machin, j’avais quand même récolté une petite centaine de visites (mes copains de lycée s’étaient passé le mot).

J’aurais pu me contenter de ce petit bidouillage de site web improvisé, mais quelque chose a germé; comme j’avais fini les seize épisodes de « Tomb Raider » et que je commençais à m’ennuyer de plus en plus au lycée, je décidai de continuer à verser dans le bidouillage de site web improvisé, ce qui donna naissance à La Lune Mauve première du nom. Bien que cette première mouture était très mal foutue techniquement (iframe et autres balises aujourd’hui dépréciées, aucune notion de typographie, de lisibilité, d’ergonomie…), ça a plu à quelques personnes, puis à quelques autres, en tout cas suffisamment pour qu’elles m’écrivent et me donnent envie de continuer. Car créer un site web sans toucher les internautes revient à faire du vélo sans pneus. Dans mon cas, ce sont les encouragements et les personnes avec lesquelles j’ai sympathisé via ce site qui sont la raison principale pour laquelle j’ai continué mes petits bidouillages.

Bref, chemin faisant, je découvris les CSS, puis le W3, puis XHTML, puis CSS Zen Garden, puis Alsacréations, et je décidai de revoir tout ce que j’avais appris jusqu’alors, d’étudier pendant un an la programmation et l’infographie pour montrer d’un cran en technicité, et considérai que tout était à refaire. D’ailleurs, je me dis souvent que rien ne sera jamais vraiment fini, et c’est plutôt positif, car je déteste me reposer sur mes lauriers – même si, du coup, je n’ai plus beaucoup de temps pour jouer à « Tomb Raider ». :)

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16 commentaires

  1. Nienna

    J’adore cette histoire ^_^ ça me rappelle les parties endiablées de Mario Bros 1 (oui, 1 :D) et les soirées Tetris ou Crystal Quest (un jeu d’arcade sur le Mc paternel), le bon vieux temps :P

    Bises pixel,

    Nienna

  2. Hey, coucou toi ;) Je n’ai découvert Mario et ses copains que bien plus tard, quand ma soeur a demandé une Super Nintendo pour Noël. Sur Game Boy, je n’avais que « Donkey Kong », que j’ai fini au moins trois cent fois. « Crystal Quest », j’aime bien le titre! Maintenant y’a le jeu « Cristals » de Paris Hilton à télécharger sur téléphone portable, c’est une autre époque ^^

  3. C’est drôle comme je me retrouve dans ton histoire…

    Petite j’adorais passer mon temps devant une machine à écrire que m’avait donné une voisine (le nombre de rouleau d’encre que j’ai fais acheter à ma mère).

    Puis en sixième j’ai découvert la techno sur de vieux ordinateurs Apple (écran noir/vert/blanc). On y apprenait à taper un texte, faire une mise en pages, dessiner des accents, parce que les ordinateurs étaient en anglais… et bosser sur DOS.
    En cinquième l’école a acquis des windows 98, un an plutôt j’ai eu un windows 95 sur lequel je passais plus mon temps à être sur MS DOS à jouer au serpent.

    Je suis tombée (en 5ème) par chance dans une classe où il y avait une option informatique un fois par semaine après les cours. Option que je me suis empressée de prendre. Le but était en un an de faire un cd-rom sur le collège qui serait distribué aux futurs élèves. J’ai dans la même année découvert le numérique (il faillais prendre les panneaux des rues en photo).

    Quand je vois le design de notre truc aujourd’hui ça me fait rire… c’était à base de couleur bien flashy, avec comme images de beaux clip art ^^

    Puis les choses ont continué, j’ai ensuite découvert l’html avec un livre emprunté à la bibliothèque (les édition visuel couleur). Ma première page était une photo centré de Nicolas Vanier avec du texte bleu en dessous.

    Après ça j’ai fait pas mal de truc en local, jamais mis en ligne ou que certains privilégié ont vu.
    J’ai eu ma période iframe, jusqu’à ce que je découvre les divs. Bizarrement d’ailleur je n’ai jamais utilisé la balise frame et sais pas comment elle fonctionne :/

    De sites en sites, de visite de sources en visites de sources (ton site faisait partie de ceux dont je regardais les sources d’ailleurs), j’ai fini par comprendre le fonctionnement de tout ça, par connaître ce code par coeur…

    Aujourd’hui ma prochaine étape : Le PHP… je suis plutôt mal barrée pour le moment ^^

  4. Hello Mayoka :) Merci pour ton commentaire. La balise frame est utilisée pour afficher plusieurs pages web dans une seule page web, ce qu’on appelle des « cadres » en français (cf. cette page pour une approche rapide). Aujourd’hui, il vaut mieux utiliser les includes PHP pour obtenir le même résultat.

  5. Les includes ça le jour où j’ai compris comment ça fonctionnais ça ma pas mal simplifié la vie lol.

  6. Deedlot

    Les cours de techno… C’était monumental dans mon collège, les profs étaient des vieux poivrots et on s’amusait à planquer leurs bouteilles de gnôle sous les claviers… (ces souvenirs quand même…)

    Moi ça me gonflait de taper des rangées de chiffre dans des tableurs afin de faire faire des calculs à l’ordinateur. Par contre, j’adorais tout les travaux de soudure qu’on faisait à côté. J’avais fait un petit bidule, sur lesquels j’avais soudé des circuits éléctronique, et ça avait donné un dé (on appuyait sur le boutons, et des petites diodes allumait le chiffre qui sortait au hasard) Me souviens aussi du découpage de plastique qui donnait le fameux porte stylo et range emploi du temps!

  7. Hello Deedlot :) Je n’ai pas fabriqué de porte-stylo ni de « range emploi du temps » (?), mais une superbe mallette ainsi qu’une alarme anti-voleur de cartable, que je finis par utiliser dans le tiroir de ma chambre qui contenait mon journal intime ^^ Bien pratique.

  8. Deedlot > J’ai aussi fait un porte stylo pendant mes cours avec un petit bloc note jaune :)

    Sinon on a fait une mini lampe de poche avec une led rouge.
    Et une malette avec un jeu dedans, je sais plus le nom c’est le jeu où on passe un objet un cercle dans une barre de fer et on doit pas la toucher sinon ça sonne.
    J’adorais ça.

    Kreestal > L’alarme mon frère en avais fait une en cours (en fait les sujet alternais, un coup la lampe, un coup l’alarme) comme toi ils l’utilisais pour pas qu’on ouvre un de ces tiroir.

    Ce que je préferai en techno hormis l’ordinateur c’était la partie électronique.
    Par contre la typo en dessin technique je détestais ça lol.

  9. Tu savais que Moktar c’est le jeu officiel de Lagaff?
    Tu n’as pas mis de capture d’écran d’Indi!! snif*
    C’était Win 3.1 même si je me souviens bien hehe.
    Eh puis moi je jouais à Duke, Keen, Hunter Hunted (un peu plus tard), et puis aussi Alone in the Dark & Doom, qu’il ne faut pas oublier, et Prince of Persia (d’ailleurs la dernière version Xbox je crois est géniale)

  10. Coucou Tatiana, à propos de la relation Moktar/Lagaf, j’ai pu lire ceci sur Abandonware:

    La Zoubida, curieux nom pour un jeu non ? On sent tout de suite le jeu qui ne se prend pas au sérieux, et pourtant… Sortit en 1991 par Titus, ce jeu a un clone : Titus the fox, to Marrakech and back sortit en 1992 qui n’est en fait que la copie conforme du jeu en version anglaise. Seule différence, le personnage central, vous incarner dans Moktar et bien… Moktar alors que dans l’autre version vous incarnez la mascotte de Titus c’est à dire un renard. (…) Moktar, s’inspirant de la chanson du célèbre comique Lagaf, reste assez amusant dans le fond.

    Mais il n’y a aucun mention que ce jeu serait le jeu « officiel » de Lagaf. En tout cas c’est bien chelou qu’une chanson de ce mec soit utilisée pour un jeu vidéo… -_-;; La grande variété française a encore frappé!

    Je ne me souviens plus du tout de Duke, par contre j’adorais aussi Hunter Hunted; Keen c’était le truc avec le machin sur lequel on pouvait sauter? Quel était le nom déjà? ça ne me revient plus.

    J’aurais bien voulu mettre d’autres captures d’écran mais ça commençait à faire beaucoup; j’ai donc du faire un choix. ^^

  11. Julien

    hé bien… ça m’en rappelle des souvenirs…

    je me rappelle le primaire et ces affreux ordi T05 ou T07.

    ensuite le collège avec une sorte de « réseau » sous windows 3.1, et ou sous DOS, tu allais bidouiller le poste du voisin (le grand classique du : je vais sur son poste, puis dans le répertoire windows, puis « rename win.com julien.com »

    puis eu un vieux cpc d’amstrad que j’ai revendu pour acheter un atari, sur lequel j’ai fait un maaaax de traffic de jeux alors… (erm… oublie ça, stp…)

    acheté mon 1er PC avec mon frangin pour jouer à Monkey Island (qui est toujours une bête de jeu, question délire etc…)

    il y a peu de temps j’ai retéléchargé de vieux jeux abandonnés, comme rick dangerous etc… bien sûr, ce ne sont pas des versions officielles, mais des conversions faites par des passionnés… toutes pourries au niveau graphique mais…

    mais si jamais tu retombes dans le trip « old school », ne serait ce que pour cinq minutes….

    quant à la programmation etc… je crois que mon cerveau s’est irrémédiablement mis en grève, heheh!

  12. Salut Julien, c’est sympa de passer par ici ;)

    quant à la programmation etc… je crois que mon cerveau s’est irrémédiablement mis en grève, heheh!

    Je crois que tu n’es pas seul dans ce cas :-P

  13. J’avais vu à la télé je crois, que le tube avait été tellement énorme (!) , la Zoubida, donc, que des mecs avaient trippé et adapté l’histoire de la chanson (avec le héros « Moktar ») dans un jeu vidéo.
    (je crois que dans la chanson, il va chercher son amie quelque part, et il a une mobilette…)
    Quelle culture me direz-vous!

  14. Kandra

    Hahaha ton texte m’a fait rien rigoler, ainsi qu’un commentaire sur les objets fabriqués en cours de techno! J’ai moi aussi fait un pot à crayon range emploi du temps (va de ce pas faire une photo avec sa webcam ) :
    http://img504.imageshack.us/my.....yonhd4.jpg
    Bon je suis née en 1991 donc les ordinateurs existaient déjà depuis longtemps par contre j’ai vu la naissance de l’internet, je me rapelle du bruit horrible du modem, et de la lenteur d’affichage d’une seule et unique image, hihihi.

    A l’époque je m’ennuyais sur internet je n’y allais quasiment pas, ben aujourd’hui heureusement qu’ils ont inventé les connections illimitées^^.

    Sinon Tomb Raider 2 qu’est ce que j’ai pu y jouer… Et puis les après midis passés à 5 ou 6 ans à regarder mon père jouer à Duke Nukem, Doom ou encore Quake et à lui donner des conseils à lui dire « attention le cochon il est pas encore mort il fait semblant! (je sais plus dans lequel des trois c’était).

    Enfin toute mon adolescence aura reposé sur internet hihihi je sais pas si j’y ai pas passé plus de temps que dormir c’est pour dire!

  15. Salut Kandra, toujours un plaisir :) Pas mal ton pot à crayon! J’aime bien l’idée de l’emplacement photo.

    C’est vrai qu’on ne parle pas assez du bruit de ouf que faisait les modems 56k! Ni de leur lenteur, qui ne nous choquait pas… Qu’on était fous-fous! :’D

    toute mon adolescence aura reposé sur internet hihihi je sais pas si j’y ai pas passé plus de temps que dormir c’est pour dire!

    J’en profite pour me rajouter à la liste des gens qui surfent plus qu’ils ne dorment.

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  1. 23.02.09: La Lune Mauve

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