Festival de Romans et Janis Joplin

J’ai bien fait de dire tout haut que je n’ai pris aucune bonne résolution pour deux mille sept, vu que, en cette heure tardive, je glande dans mon lit, à mi-chemin entre l’élucubration frénétique et l’admiration larvée, connectée à Internet, cela va de soi. Le prétexte du jour: faire le scan antivirus en ligne Secuser [...]

J’ai bien fait de dire tout haut que je n’ai pris aucune bonne résolution pour deux mille sept, vu que, en cette heure tardive, je glande dans mon lit, à mi-chemin entre l’élucubration frénétique et l’admiration larvée, connectée à Internet, cela va de soi. Le prétexte du jour: faire le scan antivirus en ligne Secuser sur le portable infecté dont je vous parlais. C’est que j’ai eu du mal à convaincre Luna d’arrêter de faire semblant de dormir alors que je m’agitais autour d’elle depuis une heure, et de daigner lever sa fourrure pour aller voir ailleurs si j’y suis, le temps que je reprenne mon droit à disposer de mon lit comme je l’entends. Non mais!

Les lecteurs de ce blog qui ne seraient pas aussi addicted que moi à Internet et qui liraient avec effarement ce billet, se demandant comment on peut passer autant de temps sur Internet au point d’écrire sur son blog à une heure quarante-deux du matin par plaisir, se demandent sûrement ce qui peut être aussi passionnant sur Internet pour me pousser à rester éveillée si tard. Mettons tout de suite fin à ce suspens intenable: en fait, il n’y a rien de palpitant, je surfe par défaut, néanmoins animée d’une passion frustrée pour les sites web de qualité, c’est à dire, à mon sens: beaux, techniquement bien foutus et super intéressants à lire. Autant dire que je n’en trouve pas tous les jours des comme ça: sur Internet aussi, la mode du rapide à consommer et du rapidement défraîchi fait fureur. En dépit de ce constant sentiment de déception (rarement quelque chose de neuf sur les sites qui m’ont déjà acquise à leur cause, ennuyantes tentatives de recopie de ce qui se fait déjà du côté des jeunes pousses, galimathias technique vite chiant chez les pros du Web), je suis constamment à l’affût de la petite étincelle que sacrifiera la grande Toile magique à mon appétit insatiable; je passe ainsi des heures à surfer, surfer, surfer encore, suivant des liens de liens eux-mêmes trouvés sur des blogs ou des sites dont l’origine elle-même est assez louche. (Auto-remarque: comme quoi je suis gitane aussi dans le monde virtuel, et encore je ne joue pas – pas encore? – à Second Life.)

Dans cette optique, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir l’existence du festival de Romans, auquel participe la pétillante Cali Rezo. Cette manifestation, autoproclamée « Festival de la création sur Internet », permet à « tout internaute auteur d’un site, d’un blog ou d’un espace identifiable sur le web (de) proposer son travail et (de) s’inscrire dans la catégorie lui semblant le mieux représenter son univers de création », parmi la musique, la vidéo, la comédie, la bande-dessinée, la photo, l’expression citoyenne, le podcasting et les arts graphiques. Une fois inscrit, le candidat voit son site soumis aux votes du public, qui a le droit de voter pour autant de candidats qu’il veut, mais une seule fois par candidat, et ce jusqu’au 20 janvier 2007. A l’issu de ce concours en ligne seront désignés les dix finalistes qui seront ensuite « soumis à l’examen d’un jury de professionnels qui délibérera pour élire le meilleur d’entre eux. Le nombre de voix recueillies par chacun sera affiché sur le site du festival et consultable à tout moment. » La liste des participants étant quand même assez longue, je n’en ai pas encore fait le tour; je n’ai pour le moment rien trouvé de transcendant, à part les gens que je connais déjà, mais si jamais, j’en parlerais ici. Faut dire que j’ai pas encore cherché des masses non plus! Donc n’hésitez pas à attirer mon attention sur des participants qui vous auraient tapé dans l’oeil. Je doute d’avoir le temps de consulter le site de chacun d’entre eux.

A part ça, le premier titre que j’avais choisi pour ce billet était « Give me a blog to love! », en référence à mes errances nocturnes qui ne débouchent sur rien. En y repensant, cela m’a fait penser à Janis Joplin et à sa musique, dont j’ai eu soudain une folle envie – au point d’avoir interrompu ma rédaction studieuse pour aller dans le cagibi, déranger trois tonnes de cartons avant de remettre la main sur mon coffret best-of que du coup j’embarque à Lyon. Sa voix rocailleuse, si franche et si rentre-dedans, ses performances électriques atteignant des sommets de groove vintage, et son anticonformisme précoce en font une femme hors du commun que je respecte immensément. De plus – et ce n’est pas pour me déplaire – elle prouvera à ces Messieurs Dames tenants du titre ès Phallocratie Narcissique qu’une femme un peu trop ronde, acnéique, alcoolique et droguée, élue « Homme le plus laid du campus » pendant ses études au Texas, peut en avoir grave dans le pantalon, et que la musique, et en particulier le rock’n'roll, ne sont définitivement pas une prérogative strictement masculine. Non mais!

This song is about rock’n'roll! « Move Over » interprétée live par Ms Janis Joplin, au sein de Big Brother and the Holding Company. Pattes d’eph’, paillettes et spotlights:

Women to be in the music business give up more than you’d ever know. She’s got kids she gave up. Any woman gives up home life, an old man, probably, because you’re so crazy on planes and runnin’ and you never find ‘em egain. You give up, you give up a home and friends, you give up children and friends, you give up an old man and friends, you give up any constant in the world except music. That’s the only thing you’ve got man, after you boil it down, the only thing you got left in the world is that music, man. And, so for a woman to sing, she really needs to, or wants to. A man can do it as a gig, ’cause he knows he can get laid tonight.

Source

Vous avez aimé ce billet ? Partagez-le ! :)

  • Facebook
  • Twitter
  • StumbleUpon
  • Digg
  • email

Ajouter un commentaire