La fin d’une époque. C’est comme ça que cette soirée a résonné en moi. J’avais beau boire, manger, rire jusqu’à l’ivresse, cela ne changeait en rien la façon dont finiraient les choses.
La fin d’une époque. Il faut du temps pour réapprendre un autre langage. Pour calquer ses émotions, ses vibrations, sur un autre Autre. Il faut du temps.
En faisant l’inventaire, ce soir, de mes amours anciennes, de mes épreuves passées, de mes luttes encore actuelles, je réalise qu’une part de ça, de ce présent, n’en finira jamais. Cela sera différent, oui – mais la racine vivra encore longtemps dans un présent sans cesse réactualisé.
La Jolie dit: ce qui me nourrit me détruit. L’inverse se vérifie aussi: quand je compte le nombre de choses qui m’ont détruite tout en nourrissant, qui mes phobies, qui mes lubies, je préfère autant arrêter de compter. C’est la tension permanente entre ce qu’il me faut, et ce que je fuis. Le surmoi en berne, à l’assaut de je ne sais quelle connerie. Mais bon, on passe tous par là… non?
Et puis parlé-je réellement de moi? Rien n’est moins sûr. Nous déambulons, côte à côte, côtes à côtes, les coudes serrés et les pupilles embuées, soeurs ou frères de substitution, la famille qu’on aurait voulu choisir – par moment. Avant de se rendre compte que tout ce qu’on a n’est pas si mal – que c’est même super bien, au fond. Rien n’est exclusif = tout est complémentaire. Ce qui me nourrit ne me détruit pas forcément.
La fin d’une époque oui, car une de mes amies s’en va rejoindre la ville de tous les tourments symboliques. La ville où des fleurs sont mortes de soif. La ville où même Echo rendit l’âme, poignardée par un coeur de glace.
Reste à savoir laquelle des Maries restera à quai, laquelle poursuivra la route, laquelle lancera les dés.
Un soir, la Lune a chargé une étoile de te murmurer tous les non-dits, tous les tabous, tous les héros masqués. On a marché sur cette Lune qui n’était pas vraiment la nôtre – on n’a fait que l’emprunter, le temps d’un délire à deux. Abscons, intrus, obstrué: les mots sont pléthore pour décrire ce qui aurait dû ne jamais avoir lieu. Mais ça a eu lieu. Aussi vite que cela a fini.
La fin d’une époque… entre nous soit dit.
Wishful thinking I might be yours
Drifting on every step
I’m always drawn to the dark horse
Sweet sweet nothing’s said
And every dream is just a dream after all
And everything stands so still when you dance
Everything spins so fast
And the night’s in a paper cup
When you want it to last
Wishful thinking you might be mine
Every shiver sends
One breath under the bridge of sighs
Bending where the river bends
And every dream is just a dream, after all
And everything stands so still when you dance
Everything spins so fast
And the night’s in a paper cup
When you want it to last
Heather Nova – Paper Cup
(Loghorrée automatique à minuit passé… Je rejoins Paris endormie dans les bras de Morphée.)







Somy
19.11.08
N’oublie pas que les racines sont des fondations.
Si le coeur t’en dis, je te conseille les belles pages de Deleuze sur le Devenir, toute cette confusion sur l’Autre, le Même et les lignes de fuite… un bon remède à la mélancolie.
L’essentiel étant bien entendu de faire en sorte de surfer sur ces vagues à l’âme pour continuer à avancer.
Je te souhaite du mieux, au plaisir de te lire.
Marie
19.11.08
Bonjour Somy, bienvenue et merci pour ton commentaire. :)
Deleuze, ça me dit, mais par où commencer?
Oui, bien sûr. Je garde des traces pour me décharger d’un poids, tout symbolique qu’il soit. Des mois voire des années après, ce genre de textes me permet de réaliser le chemin parcouru. En attendant, j’essaie d’aller de l’avant.
Anne
19.11.08
Triste chanson (et magnifique chanson), la « fin d’une époque », c’est parfois difficile de lâcher prise. Courage petite Marie! Cheers pour la famille que l’on se crée, ceux qui la quittent et ceux qui la rejoignent…
Bises nostalgiques, et mauves (je t’ai piqué ton rouge à lèvre tiens^^)
Marie
19.11.08
Oui, ça résume bien les aléas sentimentaux de la vie: amitiés et amours, finalement c’est un courant infini, un reflux incessant, des vagues parfois contradictoires. Mais c’est ça qui est intéressant, aussi.
Somy
20.11.08
Pour aborder Deleuze, il n’y a pas de méthode, ni de chemin prédéfini, il s’agit plus de rencontre, de courant électro-métaphysique et de coup de foudre. Le mieux est de piocher dans ses ouvrages avec gourmandise, quitte à passer pour ne pas frôler l’indigestion.
Pour ma part, je renvoies immanquablement à « Entretiens » et c’est ce qui a rencontré le plus de succès – surtout la partie « sur la supériorité de la littérature anglaise-américaine ». Et puis l’abécédaire, suffisamment vaste tout en étant très simple d’accès, ce documentaire permet de défricher les thèmes deleuziens. Reste à supporter cette voix asthmatique.
Marie
20.11.08
Ah merci pour tes conseils. Je vais essayer de me procurer Entretiens alors :) Mais je me demande ce que tu entends par « cette voix asthmatique ». ça m’intrigue!
Neault
23.11.08
Jolie prose ma foi. ;o)
Et éternelles interrogations que l’on partage un peu tous.
En ce qui concerne Deleuze, que je connais finalement peu, j’ai surtout retenu cette citation :
J’aime assez cette manière, presque plus révolutionnaire qu’elle n’est humble, de remettre à leur place les dogmes censés être inviolables ou uniquement manipulés par des « éclairés » souvent aveuglés par le soleil et délaissant les bougies les plus communes.
Sympa d’en arriver à se perdre sur du Deleuze en arrivant sur le blog d’une « geekette ». ;o)
Mais bon, il ne peut sortir que du positif de quelqu’un qui aime Batman et les chats.
Bonne continuation. ;o)
Marie
24.11.08
Bonjour Neault, merci pour ta visite et ton commentaire! :)
En effet, ma sphère est composée d’éléments assez éclectiques :-P
Bon, bah j’ai plus qu’à me mettre à Deleuze alors, si j’ai bien compris…