Vendredi. Treize heures neuf, l’estomac dans les talons. La pop effervescente de The Isles dans les oreilles. Les doigts qui se vengent de n’avoir rien glandé ou presque pendant un cours de Javascript incompréhensible et, du coup, assez inutile. Le frigo lui aussi crie famine. Soudain, l’immense envie de me vautrer sur mon lit, harnachée de mon portable, ronronnant et chaud, pour me réchauffer.
Samedi. Treize heure trente-neuf, même pas fait exprès. L’estomac entre-temps rempli, une mug remplie à ras bord de thé bouillant, toujours The Isles, et une nouvelle petite robe en simili-vintage de chez H&M en plus sur le dos. Trois épisodes de « Desperate Housewives » à regarder, sept magazines féminins à lire avec ferveur, et une tonne de boulot.
Quelques impressions à vif après une virée en apnée au centre commercial de la Part-Dieu. On a eu droit, au choix, la petite famille tirée à quatre épingles avec des gamins à têtes idiotes, des groupes de jeunes-filles hystériques et toutes habillées de la même façon (bottes enfilées par dessus le jean, ceintures et bijoux bringuebalants, mèches blondes dans les cheveux et petit piercing dans la narine), ou gros loser qui vient vous demander « si vous n’auriez pas un joint » alors que vous avez à peine eu le temps de reprendre votre souffle après une virée chez Zara. Ma philanthropie a des limites, et c’est dans un état d’esprit relativement stressé que je fis ensuite mes courses, en prévoyant de larges réserves de fruits et de Chocapic.
J’ai reçu par email une invitation à la remise des diplômes à Sciences po Grenoble, dont je suis l’une des heureux élus. Je ne pensais pas qu’ils pousseraient le vice jusqu’à nous les donner en mains propres (d’ailleurs, une question me taraude: faut-il préparer un petit discours dans lequel je justifierai force arguments mon cursus post Sciences po en master d’infographie? Car je sens la question poindre.), je pensais plutôt que nous, pauvres hères ayant fini notre cursus en quatre ans et non en cinq comme le gros de la promo, sortirions par la petite porte. Je me demande si certains viendront avec leurs parents, comme aux remises de diplômes aux Etats-Unis. Je parie que oui!
Changement d’ambiance, j’écoute « More Pink », un CD de b-sides de Tori Amos qui était distribué dans la version australienne lors de la sortie de l’album « Under The Pink », version promo qui se revend donc très cher sur Ebay. Cette petite merveille contient des titres éminemment cultes de l’artiste, tels que « Sister Janet » (archi-chouchoute ici), « Sugar » (dont je préfère pourtant les versions live), « Honey », « Daisy Dead Petal », et « Take To The Sky » dont je ne résiste pas à publier un extrait des paroles ici:
But my priest says
You ain’t saving no souls
My father says
You ain’t making any money
My doctor says
You just took it to the limit
And here I stand
With this sword in my hand
Quant à moi, je dois bien admettre que ces petits week-ends lyonnais, dont la célérité est connue, ne sont pas pour me déplaire. J’ai envie de me lover sur mon lit, en lisant mes magazines, regardant « Desperate Housewives » ou en écoutant tous mes disques, en ne pensant à rien d’autre qu’à la chaleur artificielle mais bienfaisante du radiateur électrique, au bruit tranquille de la pluie sur le bitume, et à la sensation de bien-être que l’ensemble de cet inventaire à la Prévert me procure. Je me sens bien ici; pourtant il va bien falloir que je m’habitue à être lue. Le sentiment d’insatisfaction, m’a-t-on dit, ne s’effacera pas de sitôt, aussi est-il fortement recommandé de l’apprivoiser à défaut de s’y habituer ou, pis, de s’en contenter. Il y a pourtant une forte sensation de liberté – j’allais dire « de souveraineté » – qui se dégage de cette écriture presque quotidienne. En un sens, ça me soulage, d’un tas de choses.
Edit: j’ai oublié de vous dire que j’ai réussi à réserver une place pour le concert de NIN du 22.02!






Pheno
11.11.06
Huhu, une robe simili-vintage? Han han?! Raconte, elle est comment? *curieuse*
Ah ça, les bottes moches par dessus le jean moche, je suis ultra fan. Le mieux, c’est quand le jean est un poil évasé en bas, il a du mal à rentrer dans lesdites bottes, ça fait un effet mi-bouffant mi-laid. J’adore.
Et The Isles, c’est quoi? Ca me dit rien là, comme ça. (pourtant, les groupes en The, j’en connais un rien, hihi)
Marie
11.11.06
En fait c’est le genre de petite robe que tu enfiles par dessus un jean; elle est en viscose à dominante noire avec des symboles turquoise qui donnent la coloration simili-vintage au truc. Bon, faute de photo pour le moment, faudra imaginer (ou que tu la voies à l’occas’).
« Mi-bouffant, mi-laid », c’est tout à fait ça. Avec le cliquetis des boucles d’oreilles en prime.
The Isles, hum, je suis pas sûre que ça te plairait, c’est plus pop que rock, un peu mielleux, un tout p’tit chouïa new wave, mais vraiment de loin. Ils sont new-yorkais, mais leur chanteur est anglais je crois, et l’ensemble fait bien british du coup. Au départ, ça s’écoutait, sans plus toutefois, et j’avoue que depuis deux-trois jours, les mélodies commencent vraiment à faire leur trou – si je puis dire. Ils ont l’air tout gentils en plus!