Je voudrais faire l’effort d’écrire ici tous les jours, au moins le plus souvent possible, pour ne jamais me rouiller.
A ma question: « dois-je fermer le Forum de La Lune Mauve le temps que le site rouvre ses portes? », Lilith y répondait que sans le Forum, il n’y aurait « plus de contact » avec moi ni avec mon travail pour LLM. Ce qui n’a fait qu’amplifier mon envie de créer un blog hors de mes sites, mais relié à eux de par mes activités.
A propos de LLM, cela fait donc un an et demi que j’ai mis le site offline, et un an et demi que je suis censée le reconstruire. Honnêtement, le bilan est maigre. J’ai bien créé trois-quatres illustrations que je pensais utiliser en arrière-plan pour des rubriques du site, mais finalement, je pense que ça ne va pas. Elles ne collent pas assez à la mythologie et à l’esthétique de la Planète, que les internautes qui ont connu les précédentes versions ont bien en tête. Même si j’ai une soif de changement très marquée, je ne peux pas et n’ai d’ailleurs pas envie de changer radicalement la donne. J’ai l’infographie en général pour ça, pour me frotter à d’autres univers, m’énamourer d’autres personnages. Mais LLM, c’est LLM, et je vois mal comment révolutionner un site dont le nom même évoque une image mentale très claire…
Toutes mes lectures depuis six mois m’influencent énormément, en particulier au niveau spirituel. J’ai toujours été attirée par « le côté obscur de la Force », comme la magie, les forces telluriques, les crachats de bile noire; mais le fait est que j’étais une inculte qui ne lisait pas et qui ne s’intéressait qu’à la surface des choses. Encore aujourd’hui, cela me demande un gros effort que de n’accorder qu’une importance infime à l’apparence de ces choses. Je n’y peux rien, c’est en moi: j’aime les images qui sortent de l’ordinaire et impressionnent en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « ouf ». Je suis facilement impressionnable, d’ailleurs. J’ai même un côté crédule.
Un de mes profs m’a récemment conseillé de « ne pas idolâtrer ». Ni LaChapelle, ni Tori Amos, ni personne. Que mes idoles n’en ont rien à foutre de ce que je fais, comme moi je dois n’en avoir rien à foutre de leur avis. Admettons. Je pense que ce qu’il cherche à faire, c’est me libérer de ces envahissantes inspirations auxquelles je me réfère à tout moment, comme un chrétien se réfère au Christ lui-même comme absolue perfection. Peut-être que je m’attache trop… Peut-être, qu’effectivement, personne n’en a rien à foutre et qu’il faut que je l’accepte comme tel, pour me libérer et créer selon mes propres besoins et pulsions. Mais je trouve ça difficile, car « idolâtrer », pour reprendre ses termes, est ma façon à moi d’apprendre, de voir comment font les autres, d’une part pour dealer avec des émotions acerbes, contradictoires, souvent peu orthodoxes, et d’autre part pour les faire sortir de leurs tripes. Autodidacte depuis des années dans le domaine de l’art, il a bien fallu que je me raccroche à quelque chose, à quelqu’un, à des images et à des idoles en l’occurence, pour apprendre, m’ouvrir à l’altérité dans le but narcissique de m’y retrouver moi-même. Je pense cependant qu’il a raison quand il dit que je dois apprendre à me détacher du regard d’autrui… J’investis beaucoup trop ce regard, et quelque part, je me dis que faire un blog en est la preuve. Bien que je ressente que ça ne soit pas que ça.






Anne
25.11.06
Hello Marie,
Je complète un peu ma lecture de BloodyMarie avec ces anciens messages que je n’avais pas lus :)
Tiens ça m’intéresserait de savoir ce que tu lis. Aïe moi j’envisage de me plonger dans des bouquins de philo tant j’ai besoin de nourriture spirituelle en ce moment. :D Mes cours étant assez loin (bientôt 7 ans! ouch x_x), dur dur de savoir par où (re)commencer :p
Bah il est bizarre ton prof parceque je trouvais son conseil intéressant jusqu’à ce que je lise l’explication qu’il en donne… C’est vrai que l’idolâtrie a un côté néfaste mais dire « eux n’en ont rien à foutre de toi, alors boude les aussi » je trouve ça un peu puéril comme principe lol. Je considère l’idolâtrie comme une forme d’aveuglement, donc en tant que tel oui c’est un frein à la créativité, parce que l’idolâtrie à tendance à accaparer ton attention vers un objet unique d’affection et donc à te fermer aux autres choses dont tu pourrais nourrir ton art. Ton travail courrait donc le risque d’être trop orienté, muré. Ca révèle aussi évidemment un caractère obsessionnel et là je me dis de toutes façons que les artistes sont des obsessionnels.
C’est vrai que prendre de la liberté par rapport à tes inspirations pourrait aérer ton art et t’ouvrir à d’autres choses. Mais en même temps je me dis que ce qui fait la personnalité de ton travail et son originalité, c’est peut-être aussi la nature de tes obsessions. De même pour n’importe quel artiste. Alors je sais pas trop. Du moment que toi tu y vois clair là-dedans. C’est vrai que tu te réfères beaucoup à certaines influences mais moi quand je regarde tes travaux, ce n’est pas ce que je vois. Si tu digères bien l’objet de ton idolâtrie pour en tirer une glaise à modeler selon tes propres impulsions, ça me semble productif.
Se détacher du regard d’autrui. Jamais facile. En même temps, un artiste vit dans le monde et donc avec autrui. L’artiste qui arrive à dire « j’en ai rien à foutre du regard des autres » heu… je le croirais pas. Ok tu travailles avant tout pour toi (en écriture, dessin, graphisme ou autre) mais à partir du moment où tu donnes à voir le fruit de ton travail c’est bien que tu attends un certain retour, une certaine légitimité.
Le truc est plutôt de ne pas mêler cette quête de l’autre dans la création elle-même. Parceque là c’est biaisé. Faire quelque chose *dans le but* d’attirer un consentement n’est pas une démarche artistique. C’est peut-être ça qu’il a voulu dire. En même temps, je vois pas en quoi ça s’applique à toi o_0 lol
Anaon
26.11.06
Je voulais juste dire que je trouve ça très bien dit et que je suis totalement d’accord avec cette idée. Que ce soit en musique (classique notamment), en littérature ou en peinture, beaucoup de grands artistes ont d’ailleurs développé cette idée et insisté même sur le fait que de la copie consciente pouvait naître la créativité.