La journée a de quoi être plaisante. Un « Larks’ Tongues in Aspic » dans les oreilles, une vue sur ce si familier velux, un goût de châtaignes et d’earl grey tapissé à même mes papilles, et Joli Coeur qui, aussi tranquille que moi, prépare sa liste de Noël. (A ce propos, ne pas oublier d’ajouter à la mienne « Cages » de Dave Mc Kean).
Ayant fait mon « petit tour » habituel sur Internet (mes trois boîtes email, mes nouveaux flux RSS, mes « dailies », etc.), c’est en visitant deviantART pour la énième fois que j’ai été soudainement prise d’un dégoût sans nom pour cette débauche d’images, de pseudos et d’imaginaires souvent peu originaux. En fait, l’amateurisme commence sérieusement à me sortir par les trous de nez, et, pire que tout, l’orgueil desdits amateurs. Convaincus qu’ils sont d’avoir inventé la poudre, alors qu’un minimum de culture artistique repère immédiatement leurs trop évidentes sources d’inspiration. Mais quoi, est-ce que certaines personnes sont suffisamment naïves pour penser qu’ouvrir une galerie sur dA suffit à faire d’eux des artistes émérites? Je me marre bien en visitant certains portfolios de gens qui, apparemment, se prennent un chouïa trop au sérieux.
Tout cela me lasse énormément. Moi qui ai fréquenté – d’aucuns diront « ai fait partie » – le groupuscule francophone gravement atteint de nombrilisme et de « sérieusite » aigus, je sais que je n’exagère pas quand je tiens ce genre de propos… Je me surprends même à fermer ma gueule sur des agissements, a priori pardonnables car minimes, par pudeur et par respect.
Toujours est-il que j’ai passé trois heures à griffonner dans mon carnet chéri des arbres morts et des paroles de chanson que n’importe qui trouverait cul-cul la praline sauf moi, et que cela m’a fait un bien fou. J’ai de plus en plus envie de prendre des cours de dessin pour enfin franchir le pas et faire de la véritable illustration, par moi-même, sans référence. Je sature carrément de la photomanipulation, j’ai besoin de me frotter à autre chose. Cela dit, le design web me passionne toujours tout autant. Je me frotte les mains d’avance quant à La Lune Mauve… D’ailleurs, je vais retourner à mes gribouillis, en attendant.

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